Rencontre avec Soldout

Soldout

Fondé en 2003, ce groupe de musique est bien connu de la scène électronique. Soldout c’est Charlotte Maison et David Baboulis.  Un mélange unique d’énergie et de douceur. Rencontre avec ce groupe 100% bruxellois.

Vous passez ce soir au BSF pour la deuxième fois, qu’est-ce que vous aimez dans ce festival ?

David : C’est déjà le seul festival à Bruxelles de cette ampleur-là. Il y a des groupes importants qu’on a envie de voir… C’est génial d’y participer !

Charlotte : Ce qui est très cool c’est que quand on est en festival cela nous permet de toucher plein de gens qui ne nous connaissent pas forcément, de faire découvrir notre musique…

Soldout

@Pascal Goossens

Vous êtes partis en Chine pendant quelques mois, vous tournez un peu partout… Que pensez-vous du public belge par rapport aux autres publics ?

David : Le public belge est un public qui en général nous connait donc nous avons un autre rapport.

Charlotte : Ça ne se compare pas en fait car en Chine ils nous découvrent. On est comme un groupe de 2017 pour eux.

David : Oui puis on sent que les réactions en fonction des morceaux sont complètement différentes, les attentes le sont aussi… Il n’y en a pas un qui est moins bien que l’autre… On aime bien jouer ici car on a un lien sur le long terme… Mais quand on fait découvrir notre musique, on voit les réactions… c’est autre chose… mais c’est très intéressant aussi.

La première fois que je vous ai vu sur scène c’était en 2004 au Botanique, depuis il y a eu 5 albums, un Magritte, des tournées,… J’ai l’impression que vous n’arrêtez jamais…

David : Oui on n’a pas arrêté (rire) !

Charlotte : On n’a pas arrêté mais on n’est pas super rapide. On sort un album tous les 3 ans. 3 ans c’est une période assez longue qui nous permet de tourner, de faire la promo de l’album, d’écrire et puis cette période nous permet aussi d’évoluer au niveau musical. On apprend toujours… C’est pour ça que chaque album est différent car c’est sur une longue période. On a le temps de faire évoluer notre son…

David : Oui et puis surtout on fait tout. On écrit, nous sommes également notre propre maison de disques.

soldoutVous avez réalisé la BO du film Puppylove qui vous a valu un Magritte. Vous avez encore des projets dans le cinéma ?

David : Oui il y a des projets, des demandes… Tous n’aboutissent pas… On a fait un essai pour un jeu vidéo « assassin’s creed », on a eu la chance d’être sélectionné parmi une multitude mais finalement nous n’avons pas été pris…

Charlotte : Sur un long métrage ça me dirait bien de travailler. Les jeux vidéos aussi… Le jeu vidéo ne fait que monter depuis que ça existe, donc je pense que c’est quelque chose auquel on va de plus en plus s’intéresser comme la réalité virtuelle… etc.

David : Et c’est passionnant quand on regarde la musique des jeux vidéos… Moi j’étais joueur… La musique a une importance énorme dans le jeu… C’est très fort car elle est omniprésente tout le temps. Il y a des possibilités énormes…

Vous êtes un couple à la vie comme à la scène, vous avez l’habitude de fonctionner en duo depuis 13 ans maintenant. C’est difficile d’avoir quelqu’un qui rentre dans votre bulle ?

Charlotte et David : Non ça fait du bien (Rire) !

Charlotte : Pour le film Puppylove, la réalisatrice a travaillé avec nous. Elle nous dirigeait. Ça nous a vraiment ouvert sur le fait de travailler avec d’autres gens. Donc pour cet album-ci « Forever » on s’est vraiment dit qu’on allait appeler des gens qu’on aime bien pour travailler avec eux. Ça fait du bien parce que ce n’est pas que le fait d’être en couple, c’est aussi le fait d’être à deux… c’est gauche droite… Une troisième personne ça modifie l’équilibre, ça permet de trancher des questions, de conforter une idée quand on n’est pas d’accord…

soldoutEst-ce difficile de percer dans le milieu de la musique en Belgique ?

David : Ce n’est pas que lié à maintenant… ça a toujours existé… avant c’était dur car il y en avait peu qui sortaient du lot et maintenant c’est dur car il y en a trop qui sortent du lot. C’est toujours aussi dur de se faire remarquer, c’est toujours aussi dur de voir les possibilités.

Charlotte : D’année en année, le marketing prend plus de place… pas que dans la musique mais dans la vie des gens… et la musique va devenir du marketing à 100%… C’est ça qui est dommage car moi j’ai envie de juste faire de la musique, je n’ai pas envie de devoir tout le temps me vendre… de devoir toujours montrer comme tout est bien… Avec les réseaux sociaux, on attend de l’artiste qu’il se vende lui-même… Aujourd’hui si tu es un artiste et que tu sors un album si tu n’es pas sur Instagram, Facebook, … ça n’ira pas. Il faut donc jouer avec les règles du jeu… sauf que le jeu d’aujourd’hui me plaît un peu moins que celui d’il y a 15 ans.

Un rêve un peu fou que vous aimeriez réaliser ?

David : Il y en a pleins (rire) !

Charlotte : Moi j’adorerais tourner au Japon. Maintenant qu’on a mis un petit pied en Asie, ce serait génial d’aller plus loin… et travailler sur un jeu vidéo dans le concept global du sound design… 

David : Le Japon ça me fait rêver… c’est la culture du futur… c’est totalement autre chose… Etre entouré c’est hyper chouette aussi… Faire une tournée avec quelqu’un qui te présente aux bonnes personnes, qui t’emmène dans les bons endroits… ça te donne envie de continuer car tu vois que ça prend… ça ne fait qu’évoluer et développer ton projet. Ce sont des choses qui nous plaisent…

Charlotte : Moi ce qui me plairait aussi c’est d’écrire pour d’autres artistes… me mettre à la place d’un autre artiste. Avec le film c’était un petit peu ça car on a dû écrire en suivant les indications de la réalisatrice… C’est un truc qui m’intéresserait: être capable d’écrire pour d’autres gens…