“After Life”: la nouvelle série Netflix qu’on adoooooore!!!

Avec “After Life”, le grand Ricky Gervais aborde avec la finesse d’esprit et l’humour mordant qu’on lui connaît, des thèmes aussi réjouissants que le deuil, la dépression et la solitude. Mais cette mini-série de 8 épisodes de 26 minutes marque également un tournant dans la carrière de “l’homme le plus drôle du Royaume-Uni”. BIY vous explique pourquoi et vous en dit plus sur cette production Netflix…

Résumé :

after-lifeDepuis la mort de sa femme, emportée par un cancer du sein foudroyant, Tony n’est que l’ombre de lui-même. N’était-ce le regard apitoyé de sa chienne au moment de passer à l’acte, il aurait déjà mis fin à ses jours. Ses idées noires, Tony les diffuse partout où il trimballe sa carcasse voûtée, trouvant dans une misanthropie féroce le refuge à sa dépression. Qu’importe l’affection prudente que lui manifeste son entourage, à commencer par son beau-frère, patron du journal local pour lequel il travaille, Tony répond aux malheurs qui l’accablent d’un “fuck off” univoque, et dispense au monde entier ses états d’âme désabusés. De là à devenir infréquentable, il n’y a qu’un pas, que Tony franchit allègrement. “Je deviens un connard. Je dis ce que je veux autant que je le veux. Et si ça va trop loin, je pourrais toujours me tuer. C’est un super pouvoir.”

Avis :

“After Life” est une série écrite, produite, réalisée et interprétée par Ricky Gervais, comédien britannique réputé comme étant “l’homme le plus drôle du Royaume-Uni”. En effet, des frasques déconcertantes de son personnage de David Brent, le patron névrotique de “The Office” à sa sitcom “Extras” retraçant les déboires de deux acteurs qui se contentent de faire de la figuration en attendant leur heure de gloire, en passant par ses présentations devenues cultes des Golden Globes où il égratigne férocement le tout Hollywood, Ricky Gervais s’est érigé au titre de flingueur ultime du politiquement correct. Son humour noir et acerbe est sans limites et rien ni personne n’est épargné. A lui seul, ce génie comique a toujours prouvé avec brio que la réponse à la sempiternelle question : “Peut-on rire de tout?” est : “Oui.  À condition que ce soit drôle et intelligent.”

Vous l’aurez deviné, “After Life”n’a rien d’une comédie légère. Et même si on rit beaucoup (Plusieurs fois, j’ai été pris de véritables fou-rires!), la noirceur est telle qu’on en ressort souvent sonné. La misanthropie de Tony (Ricky Gervais) lui inspire des scènes corrosives, hilarantes qu’il pousse jusqu’à la gêne la plus totale. Il faut le voir tripoter telle une boule anti-stress, le gras du cou du photographe apathique du journal ou encore assister, médusé, au spectacle affligeant de ces originaux en mal de reconnaissance, comme cette retraitée persuadée que le visage de Kenneth Branagh est apparu sur le mur de son salon après un dégât des eaux!

Outre cet humour féroce et vachard,“After Life” parvient à aborder les thèmes du deuil, de la dépression et de la solitude avec subtilité et sensibilité. La grande force de Ricky Gervais est de nous faire osciller sans cesse entre le rire et les larmes grâce à une immense sincérité dans l’écriture et le jeu. Il nous touche droit au cœur sans aucun effet de style et avec un minimum de moyens : une petite dizaine de personnages récurrents et une poignée de décors.

Fable désopilante et mordante, la série est rattrapée in extremis par les bons sentiments. Quand Tony finit par comprendre que le monde est peuplé de gens qui souffrent, on pourrait craindre de sombrer dans la guimauve. Mais Ricky Gervais, en tant que créateur en pleine recherche, n’essaye-t-il pas ici de concilier l’inconciliable : l’humour au vitriol et la sensibilité un peu sirupeuse? Faut-il en conclure une certaine lassitude de sa part du cynisme ambiant? Peut-être. Ce qui est certain en tous cas c’est qu’il faut le talent incommensurable de Ricky Gervais pour parvenir à jouer ainsi les funambules entre le politiquement incorrect et la sensiblerie.

“After Life”est donc à la fois une comédie noire et un feel good movie. Ricky Gervais déploie ici toute l’étendue de ses talents d’interprétation et d’écriture. Plus encore, il nous surprend en explorant une facette inédite plus sensible. Prisonnier de sa spirale nihiliste, le personnage de Tony nous émeut autant qu’il nous fait rire. Mais ce qui transpire avant tout de cette série si humaine est l’amour inconditionnel que porte Ricky Gervais pour les petites gens et les anticonformistes.

À peine la première diffusée, Ricky Gervais a déjà commencé à travailler sur une deuxième saison. Et ça, on s’en réjouit!