Mindhunter: entrez dans la tête des pires tueurs en série américains

Mindhunter

Le 13 octobre dernier, Netflix a ajouté à son catalogue la série Mindhunter. Une nouveauté produite par David Fincher, et Charlize Theron. 10 épisodes dont vous n’êtes pas prêts de vous remettre. Focus…

Le synopsis

A la fin des années 70 aux USA, il n’existe encore aucune méthode pour comprendre et anticiper la folie des tueurs en série. Partant de ce postulat, l’agent Holden Ford, spécialiste en négociation de prise d’otage au FBI et enseignant à ses heures, décide de suivre des cours en crimino-psychologie. Durant cette nouvelle spécialisation, il croise le chemin de l’agent Bill Tench. A deux, ils vont partir à la rencontre de psychopathes et plonger dans leur univers.

Inspirée de l’ouvrage de John E. Douglas & Mark Olshaker

Intitulé Mind Hunter: Inside The FBI’s Elite Serial Crime Unit. Le livre, paru dans les années 90, retrace le parcours de John E. Douglas, ancien agent du FBI et ses 25 ans de carrière, dont quelques années passées à étudier les pires tueurs en série du pays, mais aussi à les traquer. Pour l’anecdote, c’est de cet homme que fut inspiré le personnage de Jack Crawford dans Le Silence des Agneaux.

Pourquoi le «profilage» ne prend-il pas en Europe ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le «profilage» dont John E. Douglas est sans conteste le précurseur, est encore un procédé très récent dans le monde. Il fut initié aux USA par le FBI et est aujourd’hui populaire dans les études criminologiques du pays. En Europe, les idées préconçues restent ancrées dans l’imaginaire quant à la crédibilité de ce type de pratique et la science est prédominante dans chacune des investigations.

Europol (l’interpole européen) s’intéresse à la cause, plus précisément au cyberprofilage pour réduire les risques d’attaque terroriste et déceler la cyberradicalisation. Reste cependant la question de gestion des données personnelles, dont le nouveau règlement prévu pour mai 2018 devrait établir les prochaines règles.

En Belgique, l’école de criminologie de Louvain par exemple, permet aujourd’hui d’obtenir un master ou doctorat spécialisé dans le domaine. La formation aborde tant la psychologie, que la biologie humaine, mais aussi les dimensions sociales et les cadres légaux.

Reste que dans lors d’une enquête en Europe, le «profilage» est encore une solution abstraite et un parcours du combattant pour tous ceux qui souhaiteraient parvenir à ce type de métier. Michèle Agrapart, enseignante-chercheuse à l’université et experte à la Cour de cassation et à la Cour d’appel de Paris, reste lucide sur le sujet dans un entretien donné au journal français Le Point. Pour elle «le profilage est assez symbolique en Europe», et une certaine «utopie». C’est dit.

Notre avis sur la série Mindhunter

Ce programme a de quoi vous donner de belles sueurs froides, tant il est empreint de réalisme. L’ambiance moite et sombre vous plongera dans un univers aussi élégant qu’oppressant. Attention tout de même, il vous faudra vous accrocher jusqu’au second épisode, lanceur d’intérêt pour la suite, face à un pilote un peu paresseux.

La réflexion passionnante qu’apporte la série devrait sans conteste faire jouer vos méninges, dans l’idée du fait que les tueurs en série ont tous quelque chose qui nous rapproche d’eux, là où souvent les films et les séries sur le sujet nous en éloignent. Ainsi les mécanismes de l’intrigue s’appuient sur votre curiosité jusqu’à presque faire de vous un «profiler» à part entière.

Évidemment il y a bien une ombre au tableau, qui n’en sera peut-être pas une pour certains, en ce qui concerne les dialogues, qui se trouvent parfois pompeux et grandiloquents. Pour le reste, délectez-vous de ces 10 épisodes sans aucune modération, même si le temps passe très vite.

Sources : Mind Hunter: Inside the FBI’s Elite Serial Crime Unit de John E. Douglas & Mark Olshaker, la CNIL, «Profilage, le jardin du bien et du mal» par Le Point, UCL de Louvain