Une apocalypse très british, ça vous tente?

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Apocalypse, Anges, Démons, Sorcières, Antéchrist…mais aussi Kraken, Shakespeare, Extraterrestres ou encore nonnes sataniques! “Good Omens”, la nouvelle série produite par Amazon, c’est ça et bien plus! Ouvrez vos bibles et vos cahiers de catéchisme, car BIY vous décortique cette fresque iconoclaste et fantasque sortie tout droit du cerveau délirant de deux génies de la littérature anglo-saxonne : Neil Gaiman et Terry Pratchett…

Résumé :

apocalypse L’Apocalypse est à nos portes. Entre le Bien et le Mal, l’Enfer et le Paradis, c’est la lutte finale. Bien trop tôt. Du moins pour l’ange Aziraphale et le démon Rampa (Crowley en VO). En quelques six mille ans de tribulations, de petites combines et d’amitié improbable à l’insu de leurs patrons, ces deux-là ont pris leurs habitudes dans le monde des humains. Pourront-ils empêcher la fin de tout ? C’est loin d’être évident, d’autant plus qu’ils ont perdu la trace du marmot destiné à devenir l’Antéchrist…  

Avis :

apocalypse Presque trente ans après la sortie du livre “Good Omens : The nice and accurate prophecies of Agnes Nutter, Witch” (“De beaux présages” en français), Neil Gaiman signe lui-même l’adaptation sur nos écrans avec une série en six épisodes, disponible sur Amazon Prime. 

À BIY, on adore Neil Gaiman (“American Gods”, “Coraline”)! On vous a d’ailleurs déjà parlé d’un de ses recueils de nouvelles, Signal d’alerte

Le roman “Good Omens”  est le fruit de l’amitié entre deux doux dingues britanniques, Neil Gaiman, donc, et Terry Pratchett (“Les Annales du Disque Monde”). La mort de Pratchett, en 2015, et sa demande expresse, dans une lettre posthume, de voir son compagnon d’écriture s’atteler à l’adaptation de leur roman en une série, ont amené Neil Gaiman à diriger la mise en images de leur délire livresque. 

“Good Omens” se traduit ainsi sur le petit écran en une comédie biblico-satirique, colorée et fun, qui déroule son intrigue mystique à un train d’enfer. Sans temps mort, Neil Gaiman opte pour une minisérie fermée, en 6 épisodes seulement. Alors il va vite et c’est tout simplement jouissif. Son adaptation ne déconcertera certainement pas les lecteurs du livre original et saura réjouir les autres. 

apocalypseFaites une croix sur votre catéchisme! Ici, tout est passé à la moulinette : chasseurs de sorcières illuminés, nonnes satanistes gaffeuses, bureaucratie surnaturelle ou encore chien des Enfers aux allures de mignon toutou! L’humour de la série est résolument british, irrévérencieux, truculent et déjanté, parfois à la limite du burlesque. Du Jardin d’Eden à l’aube de la Fin des Temps, en passant par la crucifixion du Christ ou la Révolution française, cette fresque loufoque regorge de personnages savoureux et d’idées désopilantes.

Neil Gaiman s’offre un casting exceptionnel, à l’accent britannique non dissimulé. Le tandem principal, incarné par le démon, David Tennant (“Doctor Who”, “Broadchurch”) et l’ange, Michael Sheen (“Masters of sex”, “Twilight”) fonctionne à merveille. Le duo crève l’écran et leur plaisir est communicatif.  

On retrouve également la voix divine de  Frances McDormand (“Fargo”), Adria Arjona (“True Detective”) en sorcière prophétique un peu paumée, ou encore Jon Hamm (“Mad Men”) en insupportable Archange Gabriel.

“Good Omens” réussit le pari de transformer une guerre apocalyptique en épopée fantasy fun et hilarante.

Petite anecdote amusante : une organisation américaine chrétienne, indignée par le contenu “blasphématoire” de cette série, a demandé son annulation à Netflix…Qui n’a aucun pouvoir puisqu’il s’agit d’un programme Amazon!

En résumé, “Good Omens”est non seulement un merveilleux hommage à l’univers fantasque et coloré du grand Terry Pratchett (malheureusement trop méconnu outre-Manche!) mais c’est aussi le genre d’OVNI télévisuel dont on raffole et qu’on dévore presque d’une traite tellement il se révèle savoureux.

De quoi nous mettre l’eau à la bouche puisque dernièrement, Netflix (oui, cette fois-ci c’est bien Netflix!) a annoncé la mise en chantier de l’adaptation du chef-d’œuvre absolu de Neil Gaiman : “Sandman” !