Faut-il aller voir « Douleur et Gloire » de Pedro Almodovar?

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Pedro Almodóvar nous revient tout en mélancolie avec « Douleur et Gloire », un film troublant et poignant, certainement le plus intime de sa longue carrière…

 « Douleur et Gloire » est le film le plus intime de Pedro Almodóvar en quarante ans de cinéma. Centré sur un réalisateur mélancolique incarné par un Antonio Banderas bouleversant, le cinéaste admet s’être mis à nu émotionnellement dans ce film qui aborde sobrement l’amour, le deuil et la réconciliation.

Résumé :

Une série de retrouvailles après plusieurs décennies, certaines en chair et en os, d’autres par le souvenir, dans la vie d’un réalisateur en souffrance. Premières amours, les suivantes, la mère, la mort, des acteurs avec qui il a travaillé, les années 60, les années 80 et le présent. L’impossibilité de séparer création et vie privée. Et le vide, l’insondable vide face à l’incapacité de continuer à tourner.

Avis :

douleur-et-gloirePour son nouveau film, Pedro Almodóvar verse dans l’autofiction et c’est Antonio Banderas qui lui prête ses traits. »Douleur et Gloire » est un film intime et éclatant qui rassemble toutes les inquiétudes et les obsessions de son créateur. 

Almodóvar y raconte son enfance pauvre, sa découverte du cinéma, du désir homosexuel, son addiction à la drogue, ses  maladies, ses innombrables dépressions et ses doutes de cinéaste.

Le réalisateur espagnol aura bientôt 70 ans. Le moment pour lui de regarder en arrière et de se poser des questions. Le 22e film de Pedro Almodóvar commence en apnée au fond d’une piscine. Retenir sa respiration et puis tout laisser remonter à la surface. Reprendre son inspiration.

douleur-et-gloireQuand Almodóvar se livre en explosant les barrières de l’intime, c’est magnifique, joyeux, triste, douloureux, profondément émouvant. Son film est une œuvre puissante qui nous prend aux tripes. Il nous fait vivre les émois, les regrets de la vie avec grâce, retenue et douceur. L’auteur partage une grande délicatesse, sensiblement différente de beaucoup de ses précédents films, souvent plus crus, plus effervescents ou mélodramatiques.

Dans « Douleur et Gloire », le cinéaste raconte ses difficultés de créer suite à ses fêlures et hasards existentiels : la dépression liée à la perte de sa mère, ses séparations sentimentales, ses soucis de santé et addictions.

Almodóvar a confié le rôle de son alter ego fictif à son vieux complice Antonio Banderas. L’acteur livre ici une prestation toute en retenue et en finesse qui transpire tant la vulnérabilité et l’humanité qu’il en est littéralement bouleversant.

Penelope Cruz, quant à elle, campe une magnifique mère bienveillante et courageuse. L’actrice illumine l’écran de sa présence.

En conclusion, avec « Douleur et Gloire », Almodóvar signe un tour de force émotionnel où se mêlent et s’entremêlent des problèmes universels et humains comme l’amour, la maladie, la mort, la parentalité et l’ambition.

En nous faisant vivre souvenirs légers et pesants, le cinéaste espagnol nous enveloppe d’une douce mélancolie et nous invite à faire nous aussi la paix avec nous-mêmes.

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