Le film du mercredi : To The Bone (Netflix), le film thérapeutique

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To The Bone est réalisé par  Marti Noxon. Il s’agit d’ailleurs du premier long métrage pour lequel elle est à la réalisation. Elle avait déjà fait ses armes en réalisant deux épisodes de la 5ème saison de la série Buffy contre les vampires. Noxon est d’ailleurs avant tout une scénariste hors-pair, elle a officié pour de nombreux shows à succès comme Unreal, Glee, Mad Men, Grey’s Anatomy et bien-sûr Buffy. Côté acteurs, Lily Collins, Keanu Reeves et Carrie Preston se donnent la réplique.

Le synopsis

To The Bone dépeint l’histoire de la jeune Ellen, 20 ans, atteinte d’anorexie. Ses parents sont séparés et ont chacun refait leur vie de leur côté. Tous deux ne savent pas comment gérer le mal dont est atteinte leur fille et se la renvoient comme une vulgaire balle de tennis. Après plusieurs tentatives de guérison infructueuses, la belle-mère d’Ellen décide de consulter un médecin aux méthodes peu conventionnelles, en guise de tentative ultime. La jeune fille découvre alors un centre d’un genre nouveau, où la vie prend le dessus sur la maladie. Peut-être arrivera-t-elle enfin à s’accepter et se reconstruire…

Un film polémique

Depuis sa sortie sur la plateforme Netflix, To The Bone fait l’objet de nombreuses attaques. L’anorexie est un sujet peu traité en fiction, tant il est sensible et difficilement maîtrisable. Marti Noxon a pourtant décidé d’arpenter ce terrain glissant, révélant au magazine Vanity Fair qu’elle avait elle-même souffert de troubles alimentaires à l’âge de 14 ans, ainsi que de boulimie et anorexie à l’âge de 20 ans. Un premier film symbolique et exutoire, qu’elle a souhaité vrai et détaillé dans la description des travers de ces maladies. C’est en ce point que de nombreux spécialistes sont montés au créneau, notamment aux Etats-Unis, où 20 millions de femmes et 10 millions d’homme sont affectés. Une psychologue compare, pour Chicago Tonight, To The Bone à un «Manuel d’anorexie».

Lily Collins fut elle aussi attaquée sur sa perte de poids importante pour le film corroboré par son passé conflictuel avec l’alimentation. Dans les colonnes de Telegram, elle révèle avoir été boycotté par la presse lors la promotion du film Rules don’t Appear, invoquant sa maigreur, les magazines ne voulaient pas d’une «image négative», même si cela était dû à un tournage.

La bataille de Marti et Lily a porté ses fruits, To The Bone a bien vu le jour le 14 Juillet dernier malgré une pétition de quelques 800 signatures demandant à Netflix d’annuler sa sortie.

To the Bone : Affiche

Notre avis

★★

Le long métrage de Marti Noxon traite l’anorexie comme une véritable maladie mentale, parfois de manière brutale et tragique, mais plus souvent avec humanité, faisant osciller nos émotions. Si la nourriture est peu présente à l’écran, elle est pourtant sur toutes les lèvres, ce n’est pas pour autant que la réalisatrice se concentre sur les corps, occultant complètement l’idée de voyeurisme. Son travail est d’avantage porté sur la psychologie, et les mécanismes aussi bien chez les malades, que les proches.

To The Bone est parfois d’une authenticité un peu déstabilisante, teinté d’humour noir, de références à la pop culture, le récit se perd un peu dans des intrigues annexes sans grande utilité (finalement il y a une romance, sans y en avoir une). Au final, le ton sonne juste, la pédagogie est là, sans jamais être ni grave, ni larmoyante et l’ensemble est de très bonne facture.

 

 

✩ : mauvais

★ : moyen

★★ : bon

★★★: excellent