Pieter Hugo, portraitiste sud-africain

Le photographe sud-africain Pieter Hugo a présenté une rétrospective de son travail lors d’expositions itinérantes, notamment au Musée de la Photographie de La Haye. Depuis, l’ouvrage “Between the devil and the deep blue sea” lui est également consacré.

Grâce à une maquette bien pensée, chaque série de photographies est introduite par des courts textes de Hugo lui même, qui permettent de soulever le voile sur ses motivations et les conditions de réalisation. Cette remise en contexte accessible nous plonge d’autant plus dans l’ambiance des lieux. On l’accompagne donc au Nigeria lorsqu’il suit une troupe itinérante accompagnée de hyènes et de singes d’Aduja à Kanu. Puis, à Messina, ville frontière avec le Zimbabwe, on retrouve son talent de portraitiste, où il aime laisser la scène à ceux que la société veut traditionnellement cacher, les laissés pour comptes, les prolétaires, les marginaux. Il les observe sans jugement, avec douceur et respect.

En filigrane, toujours une remise en question de l’égalité des chances, un état des lieux implacable des sociétés capitalistes dans un contexte de post-colonisation. Même en abordant le thème de la paternité et de l’héritage, le point d’interrogation demeure:  à quelle point notre identité dépend-elle de notre milieu, est-ce l’individualité ou l’entourage qui nous façonne.

Lorsqu’il nous emmène visiter une décharge-bidonville de 80 000 habitants au Ghana, il nous montre les conséquences du surplus de la consommation et de l’obsolescence, les effets secondaires de la modernisation via les portraits ceux sur laquelle elle se construit. Par ricochet, au lieu de donner des réponses toutes faites, il pose les bonnes questions concernant nos responsabilités collectives et individuelles.

Plus d’informations:
Pieter Hugo – Between the devil and the deep blue sea
Editions Prestel

 

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