Hugo Poliart: le carnettiste qui nous fait rire!

Hugo-Poliart

Hugo Poliart nous fait sourire avec ses réflexions cyniques sur le monde, la politique ou la société écrites à la main sur son carnet. Professionnel du Web, spécialiste en communication digitale Hugo Poliart est également auteur de plusieurs livres. Brussels Is Yours a voulu connaître son parcours, son histoire… 

Vous êtes originaire de Braine-le-Comte, vous êtes allé à l’athénée royal de Soignies…

Hugo-PoliartOulala vous avez mené une enquête (rire) ! Oui effectivement, je suis allé trois ans à l’Athénée royal de Soignies. Puis, j’ai été viré de l’école… À l’époque, il y avait une règle qui disait que si nous avions un échec en comportement ou en morale, on doublait d’office. J’ai terminé l’année avec un échec et ils m’ont “conseillé de ne pas me réinscrire”. Je m’ennuyais à l’école et je ratais. J’avais déjà des carnets dans lesquels je dessinais beaucoup. Mon père s’est donc dit qu’on allait me mettre dans une école artistique. J’ai fait deux ans à Saint-Luc où j’ai raté à nouveau pour une longue absence injustifiée et j’ai terminé dans une école artistique qui était vraiment une poubelle ! C’était vraiment le fond du fond avec de la drogue, de la violence, des bagarres … J’ai encore réussi à avoir 6 examens de passage dont un en gymnastique (rire) ! Le professeur m’a fait revenir pour me faire courir autour d’un plinthe pendant une demi-heure juste pour me voir souffrir ! 

Mais cela ne vous a pas empêché de rentrer à l’IHECS ?

Hugo-PoliartJe lisais et j’écrivais déjà beaucoup. Il y avait un examen d’entrée qui consistait à transformer des idées en mots… Donc il n’y avait pas de problème, j’ai réussi ! Je me souviens que mes parents ne voulaient pas me payer des études, ils me disaient : “Tu as mis 9 ans pour faire tes humanités. On ne va pas te payer tes études”. Et puis, je me suis accroché et j’ai terminé avec une grande distinction. Le web apparaissait à ce moment-là et l’IHECS n’avait pas de site Internet. J’ai donc proposé pour mon mémoire, la partie pratique, de réaliser leur site. J’ai tout fait moi-même : je l’ai codé, j’ai fait les photos… et c’est comme ça que le web m’a collé à la peau. Tous mes métiers se sont toujours trouvés entre la technique et la communication. 

Votre activité artistique commence avec l’ouverture du blog 13 lignes. Un blog, qui a l’époque, se veut de résumer l’actualité en 13 lignes par jour…

Hugo-PoliartProfessionnellement, j’étais devenu Chef d’une équipe et quand on devient Chef, on gère les autres, mais on ne crée plus. Je n’écrivais plus et ça m’a manqué… J’ai lancé 13 lignes un peu comme un défi pendant un mois… À l’époque, il n’y avait pas Facebook, j’ai donc envoyé le premier article à mes potes par email et les gens ont partagé… Quand les réseaux sociaux sont nés, la viralité a augmenté et c’est là que j’ai eu une plus grande visibilité. En 2012, j’ai arrêté, car j’en avais fait le tour… il y a un livre qui est sorti… Puis, mes parents sont décédés à 8 mois d’intervalle. Je me suis séparé également à ce moment-là… C’était une période difficile. À ce moment-là, j’avais un très chouette boulot à la Commission européenne…mais ce double deuil m’avait fait prendre conscience que le temps passe vite et qu’il faut réaliser ses rêves. J’avais toujours eu l’ambition d’écrire un livre…et je n’avais plus aucune justification pour ne pas le faire. Mes parents m’avaient laissé un peu d’argent, je n’avais ni femme, ni enfant… Je suis donc parti en Colombie pour écrire un livre. 

Et cette expérience en Colombie….

Hugo-PoliartC’était une destination, je pense, parfaite pour ceux qui veulent changer de regard sur les choses. Les médias véhiculent tellement de choses négatives sur ce pays. Quand on parle de la Colombie, on pense directement à Pablo Escobar, à la drogue, la violence …or il n’en est rien ! J’en parlais beaucoup avec les Colombiens, ils en souffrent énormément. Parler de Pablo Escobar à un Colombien, ça équivaut à demander à un Belge de montrer la maison de Marc Dutroux. Pablo Escobar est mort en 1993 avant l’affaire de Marc Dutroux, la jeunesse colombienne ne s’en soucie plus…c’est loin. Ces éléments se retrouvent dans l’histoire de mon premier roman, l’histoire d’un homme qui part en Colombie et qui découvre des choses qui le surprennent. 

Ce premier roman “Superflus” était également un défi …

Hugo-PoliartTout à fait ! Écrire un texte de 13 lignes est une chose, un roman en est une autre. Bizarrement, la première version a été écrite en 2 mois…mais je n’avais pas grand-chose d’autre à faire. Je me baladais dans mon quartier, je parlais avec des gens avec le peu d’espagnol que je connaissais à l’époque. C’était une période merveilleuse… il y avait quelque chose de magique à se dire que n’importe qui peut reprendre sa vie à zéro tous les jours. Ça vous donne un sentiment de liberté énorme. Je crois sincèrement que chaque individu peut recommencer sa vie chaque matin. En se détachant de ses habitudes et de ses chaînes, on peut se réinventer…

Vous avez trouvé une maison d’édition assez facilement…

Hugo-PoliartQuand je suis rentré, je voulais faire lire mon livre par deux ou trois personnes, y apporter des corrections et puis l’envoyer à une maison d’édition. Je contacte une amie qui travaillait dans une maison d’édition, mais qui ne publiait pas de romans. Je la contactais pour glaner l’une ou l’autre information sur le fonctionnement de ce genre de maison. Et une heure avant d’aller manger avec elle, je vois sur le site qu’ils vont se lancer dans les romans et qu’ils cherchent des auteurs. En parallèle, la RTBF lançait une nouvelle émission où ils interrogeaient pendant une heure des gens qui étaient partis en voyage dans un but particulier. Ils m’ont contacté ! C’était fou ! Ça faisait deux semaines que j’étais de retour… Avant même d’avoir un éditeur, j’avais déjà une émission pour parler de mon livre. J’attendais des nouvelles de la maison d’édition de mon amie. Je me suis dit, le jour de l’enregistrement de l’émission, que ce serait cool si je pouvais annoncer quand le livre sortirait… et je reçois un email qui me dit qu’on va le faire… Je suis arrivé à la radio en pleine forme… Tout a été comme ça ! C’était magique ! L’alignement des étoiles comme on dit ! 

Comment sont nés les carnets ? 

Hugo-PoliartPour annoncer mon départ en Colombie à la base. Ce n’était même pas un de mes textes, j’avais pris une citation en anglais et je l’avais envoyé à mes amis. Il y a eu un impact beaucoup plus grand que quand on écrit. C’est devenu très vite viral… Après le public des carnets n’est pas le même des livres… Les carnets sont un excellent moyen de communication même si ça prend quand même du temps… De manière générale, la créativité est aléatoire. Tu peux avoir une idée géniale en 3 minutes et puis passer 3 jours dans un bureau sans en avoir. 

Quel est votre regard sur Bruxelles ?

J’aime Bruxelles pour toutes les raisons pour lesquelles la plupart des Belges la détestent ! J’aime ce côté “ville monde”. Dans mon immeuble, je crois être le seul Belge. J’aime cette vie en ville où on a tous cette culture urbaine. J’aime les grandes villes pour leur côté anonyme où l’on se fond dans la masse…

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Page Facebook : Hugo Poliart 

www.hugopoliart.com

 

Photo illustrant l’article : @Christophe Vanderborght

Remerciement au Hygge Hotel Brussels pour leur accueil